Hôtels / Magazine / par La Rédac' le 2 juin 2017 à 14:11 , mis à jour le 6 juin 2017 à 17:06

Intrigante, la longue perspective de l’allée bordée de platanes mène à une lourde bâtisse à l’ancienne, bordée de rondeurs et de hauteurs qui lui donnent un petit air de châtelain reclus. La longue limousine qui brille au soleil et les cinq étoiles soulignant le nom sur l’auvent annoncent le luxe. Mais les épais feuillages et les volets verts à la provençale rassurent. Toute en contrastes, la bastide se présente haut de gamme, mais pas bling-bling. Et c’est plutôt cool.

« Depuis le rachat de l’établissement en 2014, nous avons mené énormément de travaux. Mais il reste encore beaucoup à faire » s’excuserait presque la jeune directrice de l’hôtel. Tatiana Halimi, à peine 27 ans, grandie en Italie puis formée à l’école hôtelière de Lausanne, a travaillé avec Anton Mosimann au Dorchester de Londres. Elle sait les âpres exigences d’un établissement de ce standing, mais son souci de l’excellence correspond à celui d’un palace. Pas question pour autant d’ôter un gramme de charme et d’atmosphère au lieu. Car, à contrario d’un certain nombre d’hôtels 5 étoiles, Le Pigonnet ne saurait se résumer à un lobby, des chambres classieuses et un service au top. Il est bien plus que cela.

L’Hôtel Pigonnet est une singularité dans une enceinte de verdure. Un monde à soi, à la fois vivant, palpitant même, mais toujours serein, voire contemplatif. L’essentiel est d’y vivre bien. « On ne vit qu’en laissant vivre » écrivait Goethe.

Le Pigonnet est l’un de ces espaces où le visiteur vit à son aise, librement. Et c’est parfaitement libre dans nos allées et venues que nous avons pu visiter les coins et recoins de l’institution Aixoise.

 

Une bien longue histoire

Une légende ne se fabrique pas. Elle s’écrit pas à pas, sur des milliers de jours, avec une succession de petits gestes et de grands actes fondateurs. Ici, l’histoire débute en 1924 et approche ainsi de son premier siècle.

Hôtel le Pigonnet. Aix-en-Provence. Citylia

Tout près de l’entrée actuelle, c’est dans ce salon orné d’une belle cheminée ancienne, qu’est née l’histoire de la maison d’hôtes dans les années 20. Il se prolonge d’une jolie salle à manger et forme le cœur d’un réseau de petits salons et boudoirs accueillants, menant vers le restaurant et le bar.

La famille Swellen transforme une bastide du 18ème siècle d’à peine quatre chambres en un charmant hôtel. Pétanque, piscine, cuisine méridionale en font vite un lieu de parenthèse, définissant la douceur de vivre aixoise. Au fil des décennies, le livre d’or des invités s’enrichit et s’enorgueillit de noms prestigieux. Caroline de Monacao, Michèle Morgan, Client Eastwood, Henri Cartier-Bresson, César, Jacques Chirac… font partie de ces personnalités qui y ont goûté au bonheur.

 

Trois générations de Swellen perpétuent la tradition jusqu’à ce qu’un drame bouleverse la belle organisation familiale, il y a une douzaine d’années maintenant. Pendant quelques années incertaines, la belle maison cherche une nouvelle voie et s’engourdit quelque peu. Roselyne Swellen, surnommée avec un infini respect « Lady Rose » par une clientèle fidèle, passe la main à une nouvelle équipe ambitieuse.

2014, la refondation

Bâtir sur l’histoire, préserver l’écrin naturel du parc, rénover les chambres pour offrir des services précieux, insuffler une nouvelle vie au bar et à table, cultiver le bien-être… Les grandes lignes du projet que Christophe Lambert et Michel Halimi ont défini a séduit Lady Rose et d’autres investisseurs. C’est le groupe hôtelier Esprit de France, qui a déjà sélectionné une trentaine de demeures d’exception à Paris et en province, qui apporte ici son expertise haute de gamme à l’aventure. Le coup d’éclat opère et une nouvelle notoriété se diffuse dans Aix et dans le monde entier. En parcourant les avis postés par les clients, Tatiana l’admet avec modestie :

« Aujourd’hui, nous avons rétabli une réputation irréprochable sur les quatre métiers qui font les grandes adresses : l’hôtel bien sûr, la table, le bar et le spa ».

 

 Chambre, suite ou appartement ? 

Rénover les chambres était logiquement la priorité de la nouvelle équipe de direction. L’hébergement se devait d’être au niveau du standing de l’établissement. La Provence s’efface ici pour laisser place aux standards internationaux, donc plutôt neutre, voire sobre. Mais chaque chambre révèle néanmoins une personnalité différente et un goût sûr et affirmé. Sans surprise, elles présentent les équipements les équipements les modernes et un wifi performant.

Mais, dès qu’on entrouvre les traditionnels volets verts, c’est un océan de Provence qui se trouve à nos pieds.


L’Hôtel, côté jardin

Hôtel Le Pigonnet. Aix-en-Provence. Citylia

Les terrasses de certaines chambres et suites offrent un espace privatif de 60 à 170 m². C’est vraiment vaste. Mais pas autant que l’immense parc de 1, 5 hectares que ces terrasses dominent. Posée sur la ligne d’horizon, la complexe structure bleutée de la montagne Sainte-Victoire. C’est depuis un recoin du jardin du Pigonnet que Cézanne l’aurait peinte.

L’aspect castel de la façade d’entrée disparaît dès qu’on pose le pied dans le jardin. Rotonde, balcons, terrasses, pins et verdures impriment l’image d’une bastide chaleureuse. L’architecture est ne date pas de ce siècle, ni même du précédent. Rien d’ostentatoire, mais tout d’une délicieuse authenticité.

 

Le parc

Et voilà, nous y sommes dans ce cœur verdoyant que le titre annonçait.  Il y a ici un côté « Into the wild », car le bel ordonnancement des allées tirées au cordeau est quelque peu bousculé par une nature qui pousse de partout, avec des essences par centaines.

Hôtel Le Pigonnet. Aix-en-Provence. CityliaPassons les superlatifs et retenons l’essentiel : le parc de l’hôtel se vit à l’envie de chacun. Depuis la fraîcheur du côté de la piscine, au jeu de boules, en passant le bar de saison et ses auvents, et jusqu’à la plus éloignée des tonnelles du jardin, il y a de longues centaines de mètres pour s’isoler, se perdre et se retrouver. Sous les frondaisons bruissantes du parc, des fontaines par dizaines murmurent la paix et invitent au bonheur le plus simple.

Il n’est rien de plus fort que la douceur, c’est elle qui met notre âme dans une sérénité continuelle…


Pour quelques ronds dans l’eau

C’est la même sérénité que l’on retrouve du côté du solarium qui enserre le plan d’eau d’une piscine à la géométrie douce, bien à l’écart des autres lieux de vie du parc.


Au Spa, Séverine reine de votre beauté

La Suite Spa n’est pas réservée aux seuls clients de l’hôtel. Et cela change tout ! Vous pouvez y venir même si vous habitez à côté. Et aux soins et prestations haut de gamme du spa, vous pouvez rajouter au menu de vos plaisirs une promenade et pourquoi pas un cours de yoga dans les magnifiques jardins de l’hôtel.


Vous déjeunerez en terrasse ?

L’heure de déjeuner approche avec son embarras. Où s’installer ? Car, à l’heure d’été, et même bien avant, les dressages de tables semblent coloniser l’espace et une part du jardin, jusqu’aux abords du bar extérieur où une cuisine de saison est servie. Le restaurant prend ses aises en extérieur et vous aussi, que vous soyez seul, en couple ou en nombre.


Ou vous préférez en intérieur ?

Hôtel Le Pigonnet. Aix-en-Provence. Citylia

Avouons-le, il peut arriver qu’un vent hostile vienne perturber vos plans. Même en été, on a vu de la pluie en Pays d’Aix. Pas d’inquiétude, le restaurant est partout au Pigonnet : dans la grande salle, ou dans  les petits, les moyens et les grands salons. Tous les espaces sont de haute tenue, les dressages de tables sont soignés et la luminosité, naturelle ou artificielle, est parfaite.

 

Et si vous diniez au bar ?
Hôtel le Pigonnet. Aix-en-Provence. Citylia

Le 1924 a des airs de club à l’anglaise, mais il se transforme volontiers en pub à l’irlandaise selon le mouvement naturel de sa clientèle.

Le bar est une enfilade de salons, de petits coins tranquilles, qui vont jusqu’à la salle de musique et au-delà si nécessaire. Car tout est extensible ici. Le bar du Pigonnet porte un nom, « Le 1924 » et il a sa vie propre. Selon les heures de la journée, et les jours de la semaine, il peut être d’un calme absolu ou paraître agité d’un mouvement brownien jusqu’à tard dans la nuit.

 

Des soirées où la musique live mène la danse

Hôtel Le Pigonnet. Aix-en-Provence. CityliaAvant, c’était le jeudi soir. Mais, ça c’était avant… que le succès soit définitivement au rendez-vous et appelle à ouvrir un deuxième temps d’expression à la musique live. Maintenant, c’est mardi et jeudi. Des rendez-vous à date fixe, qui permettent aux régionaux du Pays d’Aix de savoir où aller écouter une vraie bonne musique, découvrir des talents prometteurs ou confirmés mondialement. Et l’été, l’ensemble migre vers le bar extérieur pour des soirées à l’ambiance inoubliable.

 

Et des soirées prestige

Hôtel Le Pigonnet. Aix-en-Provence. CityliaLes espaces multiples de l’hôtel permettent de multiplier la configuration des soirées qui peuvent y être organisées. Le Pigonnet organise les siennes, et en a baptisée une « Seven to One ». L’idée générale est que les partenaires habituels de l’hôtel y reçoivent leurs amis et clients. Grandes marques, vins et champagne, chocolatiers, concessionnaires automobiles, côtoient des artistes et créateurs les plus originaux dans des soirées à la résonnance exceptionnelle.

 

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