Lieux / par La Rédac' le 12 mars 2017 à 14:13 , mis à jour le 20 avril 2017 à 17:49

Au fond de la combe du même nom, le village de Lourmarin semble s’être esquiché entre le versant sud du massif du Luberon et la sauvage Durance. Vous ne connaissez pas le verbe esquicher ? Presser, serrer, comprimer, tasser… En Provence, il y a comme cela quelques mots à connaître pour éviter de paraître trop parisien.

 

Lourmarin. Citylia.

Et des parisiens, il y en a quelques-uns à Lourmarin. Des lyonnais, des alsaciens, des anglais, des nordiques au sens large du terme, aussi. En fait, la discrète et bucolique Lourmarin s’est fait connaître par ses étrangers à la Provence. Quand le Luberon est devenu une destination prisée, la population du village a doublé, passant de 615 âmes en 1968 à 1145 en 2014. Ce petit phénomène migratoire est la preuve arithmétique de la vivacité de ces vieilles pierres.

L’adresse est devenue un lieu de villégiature privilégié, jouissant d’un climat doux et serein, assez peu tourmenté par le mistral. Classé parmi les plus beaux villages de France, son pittoresque n’a pourtant rien d’orgueilleux, et sa réputation paraît surtout due à la vie du village, à ses restaurants, auberges et hôtels de charme, à ses artistes et artisans également. On y perçoit une vie de village réelle, qui lui donne un intérêt tout au long de l’année.

En résumé, un panorama moins ostentatoire que les Baux de Provence par exemple, mais une authenticité bien plus charmante.

 

Le choix de Camus et de Bosco

Oui, il se reposerait là-bas. Pourquoi pas ? Ce serait aussi un prétexte à mémoire. (Albert Camus, La Peste, 1947)

Le prix Nobel lui a aura au moins servi à cela, à acquérir un bastidon de pierres sèches pour y vivre dans la mémoire de son Algérie natale, dont il a souvent comparé les paysages avec ceux de Lourmarin. Il y a recherché plus de sérénité et a évité ainsi quelques relations désagréables avec les intellectuels parisiens.

Parti de Nice quand il avait 3 ans, Henri Bosco était d’origine italienne et il a fait le même voyage que Camus. Il partageait ses résidences entre les hauteurs de Cimiez et Lourmarin. Bosco aimait ce Luberon, cette terre de paysans et vignerons.

Tu es la patrie des saisons. En aucun lieu au monde elles n’offrent figures suivantes. Tu les prends au passage et tu en fais selon les jours, soit la douceur de la neige, soit la fureur des tempêtes d’automne, soit vergers d’amandiers en fleurs, soit le blé, soit la vigne sanglante.

Ils ne se fréquentaient pas de leur vivant, mais les deux grands hommes de la littérature reposent aujourd’hui dans le cimetière du village.

 

A découvrir

Le château de Lourmarin. Une architecture Renaissance, bâtie dès le 15ème siècle sur les restes d’une forteresse datée du 12ème, transformée, agrandie, restaurée plusieurs fois jusqu’à obtenir un classement aux monuments historiques en 1973. Avec des abords austères, assez éloignés de l’idée que l’on se fait de la Renaissance, son architecture imbrique plusieurs époques et différentes façons de vivre des chatelains. Sauvé de la ruine et de la destruction pierre à pierre dans les années 20, il abrite aujourd’hui une fondation culturelle et accueille de nombreuses manifestations. Entièrement meublé, sa visite est un passage obligé que l’on ne regrette pas.

La Corrée. Une rude bâtisse seigneuriale du 17ème siècle, impressionnante d’aspect mais qui ne se visite pas.

L’Église Saint-Trophime-Saint-André.

Le Temple protestant.

Un ancien moulin à vent, sans ses ailes.

Lourmarin. Citylia.

Le Château de Lourmarin se visite tous les jours de l’année, ou presque. Il n’est fermé au public que les 1er janvier et 25 décembre. De très intéressantes collections décorent ses pièces.

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