Lieux / par La Rédac' le 2 mars 2017 à 12:49 , mis à jour le 5 mars 2017 à 19:09

Pour être précis, c’est dans le monastère de Saint-Paul de Mausole que le peinte à l’oreille coupée a été soigné entre le 8 mai 1889 et le 16 mai 1890. Il y a vécu et il y a aussi travaillé en complétant son oeuvre d’une luminosité nouvelle. Le cloître, bâti au tournant du deuxième millénaire, en a gardé des traces envoûtantes.

Au printemps 1888, Van Gogh habite Arles, et réalise entre autres la première série des tournesols. Vincent rêve d’une communauté d’artistes unissant fraternellement leurs expériences et leurs recherches et Paul Gauguin vient le rejoindre dans ce but. Ils commencent à travailler ensemble, mais les deux hommes s’entendent mal : la tension et l’exaltation permanentes qu’implique leur démarche créatrice débouchent sur une crise.

Citylia. Van Gogh à Saint-Rémy de Provence.

Le 23 décembre 1888, à la suite d’une dispute plus violente que les autres avec Gauguin, Van Gogh est retrouvé dans son lit le lobe de l’oreille gauche tranché. Selon le témoignage, parfois controversé, de Gauguin, Van Gogh l’aurait menacé d’un rasoir puis Gauguin l’aurait laissé seul. Dans un accès de délire, il se serait coupé l’oreille avant d’aller l’offrir à une prostituée. Les diagnostics possibles expliquant cet accès de folie sont nombreux. Le lendemain de sa crise, Van Gogh est admis à l’hôpital. Cependant, une pétition signée par trente personnes demande l’internement ou l’expulsion de Vincent van Gogh d’Arles.

Le 8 mai 1889, il quitte Arles, ayant décidé d’entrer dans l’asile d’aliénés que dirige le médecin Théophile Peyron à Saint-Paul-de-Mausole, près de Saint-Rémy-de-Provence. Il y reste un an, au cours duquel il a trois crises importantes : à la mi-juillet, en décembre et la dernière entre février et mars 1890.

 

Malgré son mauvais état de santé, Van Gogh est très productif. Ce n’est que pendant ses crises de démence qu’il ne peint pas. Dans l’asile, une pièce au rez-de-chaussée lui est laissée en guise d’atelier. Les peintures de cette période sont souvent caractérisées par des remous et des spirales. À diverses périodes de sa vie, Van Gogh a également peint ce qu’il voyait de sa fenêtre, notamment à la fin de sa vie avec une grande série de peintures de champs de blé qu’il pouvait admirer de la chambre qu’il occupait à l’asile de Saint-Rémy-de-Provence.

Il quitte l’asile le 19 mai 1890 pour finir sa carrière à Auvers-Sur-Oise, et sa vie d’un coup de revolver dans la poitrine .

L’asile et ses alentours respirent encore la sérénité qui a permis à Vincent Van Gogh de continuer à peindre et de rester dans l’histoire comme l’un des peintres l’un plus connus au monde.

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