Ailleurs / Lieux / Magazine / par La Rédac' le 20 août 2018 à 13:24 , mis à jour le 20 août 2018 à 13:27

George Digalakis nous emmène visiter l’un des espaces auquel il est très attaché dans son pays, la Grèce. Le fleuve Vardar prend sa source en Macédoine, puis change de nom en écoulant ses basses eaux vers le golfe Thermaīque, à l’ouest de Thessalonique. Son delta alluvionnaire planté d’ilots forme une large zone humide en lutte perpétuelle pour la préservation de la faune et de la végétation. On y cultive le riz et y élève les huîtres, à déguster dans les tavernes locales. Sauvage, abandonné aux bancs de sable, écueil à la navigation, il est un décor privilégié pour ce photographe de la douce entropie. En éteignant les couleurs sur ces images, il semble que c’est le temps que George a ici aboli.

Cette escale en Grèce, hors du spectre de ces couleurs qui nous sont familières, est une odyssée photographique au long cours, au bord de l’abîme du temps et de celui de nos émotions.

La solitude de l’arbre

Le vaste delta de 33800 hectares rassemble les estuaires de 4 rivières constituant le complexe de zones humides. Celui-ci inclut les estuaires des rivières Gallikos et Loudias, les deltas de l’Aliakmon et de l’Axios, les zones humides de Nea Agathoupoli et de Alyki Kitrous, et le lagon de Kalochori.

Kalochori, le lagon de l’étrange

Réalité surréaliste

Le lit du lagon repose jusqu’à 1 mètre en-dessous du niveau de la mer. L’oiseau noir a choisi l’un de ces anciens poteaux téléphoniques immergés pour poser. Le poteau le plus déclinant. Un symbole ?

Distante d’à peine 8 km de Thessalonique, le lagon est la porte d’entrée du parc national. C’est une zone côtière importante, nourricière d’une vie aviaire foisonnante, et notamment de colonies de flamants roses. Les pattes enfoncées dans les eaux peu profondes, ils picorent gracieusement une nourriture abondante. On retrouve ici notre oiseau noir, où son frère, sur un perchoir improbable, contemplant peut-être au loin le paysage portuaire de Thessalonique et ses grues.

L’oiseau noir

Un espace écologique crucial

Du fait de cette importance écologique, la zone a été intégrée dans le réseau Natura 2000 des régions écologiques de l’Europe. Parallèlement, il est protégé par la Convention internationale de Ransar. Dans ce climat méditerranéen sec, les inondations soudaines ont découragé l’exploitation des rivières et le trafic fluvial.

C’est ce superbe abandon, ce délaissement, cette abdication de l’homme qui a laissé des vestiges de vie, des gisants qui tentent de défier l’érosion temporelle en la ralentissant.

Estuaires, marais, lagons, flaques de saumure, champ de sel et de dunes, les écosystèmes sont variables et alternent sur quelques kilomètres avec les carrés d’agriculture. Le décor du biotope est posé et les animaux s’y plaisent. C’est pour eux un espace de respiration profonde, une chance d’épanouissement hors de la pression humaine. Près de 3000 espèces d’oiseaux ont trouvé refuge dans cet univers et dans la forêt pluviale qui le borde. Avocette, ibis brillant, pélikan dalmate ou mouette à tête noire y abondent. C’est aussi ici qu’a trouvé refuge l’une des plus importantes colonies de tortues d’Europe.

Le parc national du delta de l’Axios est mon site préféré de Grèce. Je le visite chaque année, de préférence au début du printemps ou en automne. Les longs chemins non goudronnés qui serpentent dans la zone humide sont parfois difficiles d’accès, selon les conditions météo, et un 4 x 4 est recommandé, ainsi qu’un strapontin de pêcheur.

Le chasseur et sa proie

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