Ailleurs / Lieux / Magazine / par La Rédac' le 13 août 2018 à 20:25 , mis à jour le 15 août 2018 à 13:57

Nous devons ce reportage photographique à Hervé Pariis, nouveau contributeur de Citylia. Hervé vit là, dans cette bourgade de 16000 habitants, cernée par les vignobles de la plaine varoise et dominée par l’imposant massif de la Sainte-Baume (1148 m). Quelque part sur ses flancs escarpés, une grotte, une baume dans la langue provençale, aurait servi de retraite à Sainte-Marie-Madeleine après sa fuite du pays d’Hérode et de ses persécutions. Ce haut-lieu, littéralement parlant, de pèlerinage que forme le sanctuaire éponyme a justifié la levée d’une corpulente basilique.

Et bien plus tard, la conception d’un organe mythique au souffle ecclésiastique puissant, le grand orgue de Jean-Esprit Isnard. Époustouflant.

À l’immense mesure de la nef qui le couve,
Il élève les émotions de plusieurs magnitudes.
La grande mécanique à vents a défié le temps,
Puis est entrée, intacte, dans la légende.

Petite revue chronologique des lieux

Marie-Madeleine aurait donc posé le pied dans la Gaule antique sur les rivages des actuelles Saintes-Maries-de-la-Mer, avant d’entreprendre l’évangélisation de Marseille puis d’Aix-en-Provence, avec l’aide de Saint-Maximin. À sa mort, ses reliques, un long temps disparues car cachées lors de l’invasion des Sarrasins en 710, son redécouvertes en 1279 lors d’une fouille archéologique commanditée par Charles d’Anjou, futur roi de Naples. Quatre sarcophages en marbre sont découverts, dont ceux attribués à Marie-Madeleine et Saint-Maximin. En 1295, le pape confirme l’authenticité des reliques. C’est le point de départ d’une épopée architecturale qui fait aujourd’hui le trésor de la ville.

C’est sur le lieu même de la découverte que débute la laborieuse construction de style gothique, sur les restes d’une église et d’un baptistère du 6e siècle. Quand elle se termine en 1532, flanquée d’un couvent bénédictin, elle semble faire écho miniature aux massifs montagneux.

 

Une immense caisse de résonnance pour la foi

­

Dans l’impressionnante nef aux 9 travées, sous les trois étages de voûte, à la douce lumière filtrée par les vitraux, les œuvres sculpturales et picturales racontent les histoires étonnamment mêlées de la chrétienté, de la Provence et de Marie-Madeleine bien sûr, par fragments juxtaposés. La basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, ( il faut 7 tirets pour écrire son nom, c’est dire si elle est grande ), recueille dans une petite crypte les précieuses reliques. Ou plutôt les restes des reliques, car en 1793 la Révolution entraîne une profanation de ce qui avait été protégé des Sarrazins, 1000 ans auparavant.

De grandes œuvres sauvées du péril

20 ans avant cette profanation, la basilique avait pourtant retrouvé un second souffle avec la construction du grand orgue. Mais, en 1793, la Révolution veut également détruire cet instrument sonore de la religion honnie. C’est Lucien Bonaparte, le frère de l’autre, qui sauve l’œuvre en faisant jouer la Marseillaise, donnant ainsi à l’orgue un début de vocation plus universelle. Il sera sauvé une deuxième fois lorsque, en 1954, un débat a lieu sur la modernisation de l’instrument pour l’adapter au goût du jour. Le projet controversé ayant été abandonné, l’orgue sera restauré sans être dénaturé entre 1986 et 1991 par Yves Cabourdin. Il a ainsi conservé ses 2960 tuyaux d’origine, une rareté, ses 43 jeux, ses 4 claviers manuels, et son pédalier à 32 notes. C’est maintenant Pierre Bardon qui en est titulaire depuis 1961. On peut l’entendre jouer tous les dimanches lors de la messe de 10h30 et en audition à 17h. Et chaque année, le riche programme Orgue d’été ravit tous les mélomanes lors de concerts où le géant bicentenaire impressionne par sa puissance mélodique tous les visiteurs.

Classé aux Monuments Historiques en 1953

 » De visu et de auditu », selon la formule consacrée, c’est un monument que nous a laissé là le facteur d’orgues Jean-Esprit Isnard, frère laïc au couvent de Tarascon. Il est d’ailleurs considéré dans le monde entier comme le vaisseau amiral du génie innovateur de la facture d’orgue classique française.

Liens

Voir le portrait de Hervé Pariis sur Citylia.fr

Suivre Hervé Pariis sur Facebook

Localisation

Partager