Magazine / Portraits / / par La Rédac' le 25 avril 2017 à 10:16 , mis à jour le 25 avril 2017 à 10:21

À 22 ans, on peut être étudiant en licence de « Maintenance des équipements de production » et produire dans le même temps son premier album de rap. C’est précisément ce que vient de réaliser Marseliano. Il faut dire que sa mère est professeur de piano à Saint-Victoret et qu’il a construit sa culture musicale dès l’enfance en l’accompagnant dans ses concerts de jazz.

A 11 ans, il était fan de Queen, puis ses deux frères l’ont initié au rap en écoutant en boucle les groupes locaux et en particulier Psy4 de la Rime. Les amateurs reconnaîtront le groupe marseillais d’origine comorienne formé de Soprano, Alonzo et Vicenzo. A tout juste 17 ans, il écrit « Une entrée fracassante », son premier enregistrement qu’il réalise avec son frère Cyril. Un titre qui se voulait peut-être auto-prédictif. Puis le jeu est devenu passion et deux autres singles ont suivi. L’ambition de se projeter dans un album entier est ensuite venue au fil du temps et s’est imposée comme une évidence. « Le rap est certainement pour moi la façon la plus directe et la plus libre d’exprimer mon ressenti ».  Efficace, le rap ? Sans doute. Simple ? Pas si sûr. Quand on demande à ce jeune homme sérieux et bien éduqué comment se fabrique une chanson de rap, il l’explique simplement. « On part d’une feuille blanche, bien sûr ! » Bon, mais encore ?

« Ensuite, il faut aller chercher au fond de soi, au très profond même. Parfois je travaille directement avec Cesar Prod, mon beat maker. Il est au top. C’est une co-écriture à la fois musique et paroles ».

Le rap est un exutoire à la fois éprouvant et Marseliano. Cityliaenthousiasmant. Si les textes de Marseliano sont particulièrement bien travaillés et sensés, conçus sur une forte base poétique, le rap reste néanmoins un art de rue. Il est surtout ce qu’on décide d’en faire et le champ des possibles est immense. Nul besoin de s’enfermer dans une imagerie de voyou ou de braqueur sexiste et mysogine façon gangsta américain. Son rap est parfois un processus contestataire ou revendicatoire, comme dans son titre « Hey Monsieur » où il apostrophe avec dérision et humour un banquier. Mais il peut aussi parler de choses sensibles, émouvantes, fun ou nostalgiques. « Prenez le temps » est ainsi un hommage au grand-père de Marseliano, décédé en 2016. « Ta poésie résonne dans mon cœur et s’agite dans mes artères. Il faut que je prenne le temps de te dire au revoir Papy ».

Le jeune rappeur n’a pas de corpus thématique privilégié et il s’autorise à parler de tout ce qui l’intéresse. Le garçon a un physique avantageux empreint de gravité. Gêné dans son enfance par son hyperactivité, il a trouvé sa place grâce à un travail acharné et le rap lui a permis de trouver son équilibre. Il aime travailler les métaphores et aligner les punchlines qu’il martèle sur des rythmes lancinants à la musicalité riche.

 

Marseille est clairement une ville de rap, et c’est bien sûr aussi celle de l’OM dont il est fan depuis son enfance. Dans le sillage de son père, il a d’ailleurs poussé le ballon jusqu’à l’âge de 20 ans tout en pratiquant le tennis et son nom de scène est une référence à sa ville. Dans la région, on peut enregistrer à moindre coût dans des structures comme Le’Vice Music pour à peine 50 € les 3 heures. Marseliano est accompagné par Mister Yelo, un artiste producteur de renommée.

Pour se préparer à la scène, il a participé à des tremplins de musique avec le label indépendant Orizon Sud. Ne pas confondre avec Oraison, dans les Alpes de Haute Provence où Marseliano a effectué sa première scène avant d’enchainer à Gardanne. Enregistrer c’est cool, mais la scène, c’est le vrai kif pour un rappeur, sa vraie raison de vivre et de rêver. « Je vis, je rêve, en fin de compte je rêve de vivre. Et j’en ai vu vivre avec les paupières pleines de rêves. Moi mon rêve s’écrit en trois lettres RAP avec mes rimes au bord de mes lèvres ».

Marseliano. CityliaOn peut le deviner, son album, son projet comme on dit parfois dans le milieu, est titré « Je rêve ». Il est maintenant disponible en ligne sur Spotify, Google, Deezer et Amazon.

Et pour mieux découvrir ce nouveau talent, retrouvez Marseliano sur son Facebook ou suivez son compte Instagram.

 

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