Magazine / Portraits / Restaurants / par La Rédac' le 30 mars 2017 à 16:34 , mis à jour le 7 avril 2017 à 14:43

L’aventure avait débuté modestement, avec une salle de 25 places près d’un rond-point passant de Saint-Victoret. La cuisine de Ida et Michele Esposito était un hommage simple et authentique à celle de la famille restée dans le sud de l’Italie.

Cinq ans plus tard, l’enseigne s’est déplacée et trône fièrement sur l’avenue du 8 Mai, faisant la jonction entre Saint-Victoret et Marignane. Via Napoli est maintenant installé en pleine lumière et son enseigne est devenue une signature réputée. Cette signature, on la retrouve dans son logo, dessiné à la main par un artiste napolitain. Il évoque la baie de Naples dominée par le Vésuve.

Restaurant Via Napoli. Saint-Victoret. Citylia.

On n’arrache pas ses racines à des napolitains. « A Napoli, si mangia cosi » a toujours été le leitmotiv du restaurant.

De ce point de vue, rien n’a changé en 5 ans mais tout a évolué, vers le meilleur.

Surplombant le rond-point dit de l’Hélicoptère, l’auvent noir annonce un design moderne à l’italienne, mais une sorte de vespa de livraison posée sur le toit rappelle le pittoresque des rues napolitaines.

La salle est vaste, la décoration sobre, plaisante et chaleureuse dans des nuances de beige et de bois. On y découvre un large bar où trônent les vermouths et apéritifs italiens, un espace scénique pour les animations musicales et une chambre entière réservée aux enfants avec jeux et télévision. Tout a été prévu et tout a été soigné dans les moindres détails.Restaurant Via Napoli. Saint-Victoret. Citylia.

Mais la salle est surpassée encore par la superbe terrasse, cernée de bacs à plantes soigneusement libellés. En retrait, un jardinet en pots permet de cultiver sur place les basilics, piments et autre ingrédients de saison.

Restaurant Via Napoli. Saint-Victoret. Citylia.

Côté cuisine, l’évolution est tout aussi marquante. Les réalisations portent maintenant la marque d’un chef hors du commun, napolitain bien sûr et cousin de la famille. Ancien étudiant en littérature, passionné de langue française, doté d’une vaste culture éclectique, Domenico Esposito parle cuisine comme il parlerait de science ou de conscience. Les deux sont pour lui intimement liés. « J’allais m’expatrier en Angleterre mais Michele m’a convaincu de venir l’aider pendant 3 mois. Cela fait bientôt 3 ans ».

Lui qui rêvait d’une cuisine laboratoire, d’un lieu d’expérimentation des saveurs, il est maintenant servi avec un équipement au plus haut niveau. Il peut y mener de front l’exigence du service et ses recherches. Se documenter, accéder à toute la connaissance possible, intriquer discipline et émotion, napper le tout d’une touche de poésie, la cuisine de Domenico commence par une alchimie à l’approche empirique. « Au début, je ne peux que pronostiquer des résultats. Dans mon esprit, c’est comme une boite noire dont j’attends le verdict ».

Dopé par la confiance accordée par les clients, il ose maintenant des plats du jour expérimentaux, surveillant sans cesse le retour des assiettes de la salle. Comme tous les grands chefs, la tendance est à la pureté et à la simplicité apparente.

« Quand on commence en cuisine, on a tendance à additionner des ingrédients. Aujourd’hui je suis plutôt dans la soustraction pour extraire la quintessence du produit ».

Résultat, les standards italiens et napolitains sont revisités selon l’inspiration du moment. Mais avec ses antipasti, ses primo et secondo piatto, la cuisine transalpine sera toujours une « Comedia dell’arte » indémodable.

Restaurant Via Napoli. Saint-Victoret. Citylia.

Une belle histoire de famille à l’italienne

D’ailleurs, si on pouvait, on la raconterait volontiers en italien. C’est Michele, 33 ans, diplômé en commerce, créateur du restaurant et personnalité forte du projet qui la raconte volontiers.

« Quand on était gosses, on travaillait aux champs, à cultiver les tomates. Un jour, après la sieste, on avait très faim. Domenico nous a cuisiné des pâtes avec une simple aubergines et quelques tomates fraîches. Il avait 13 ans et ce jour-là on a tous su qu’il était doué. Ensuite, il a continué. Je crois que ça lui permettait d’échapper au soleil des champs ».

Michele vivait déjà en France mais retournait au pays chaque été. À la fête du village de Brusciano, dans la campagne napolitaine, il rencontre Ida, étudiante en histoire de l’art et en archéologie. Resplendissante jeune femme énergique, elle incarne la joie de vivre de l’Italie du sud. Ida rejoint Michele 4 ans plus tard. « Ouvrir un restaurant napolitain était une évidence pour nous. On voulait se sentir « A casa » et transporter notre culture jusqu’en Provence ». Aujourd’hui, méthodique et organisée, elle seconde et encadre la créativité du chef Domenico.

Pour Michele, l’aventure relevait aussi d’un autre rêve. « Mes grands-parents tenaient un restaurant à Naples, « Zia Teresa ». Aujourd’hui, il fait partie du patrimoine historique de la ville et le nom restera à vie ». Via Napoli pourrait bien suivre le chemin tracé par les ancêtres.

Conforté dans sa réussite, le restaurant devient un label avec plusieurs projets à l’étude. Ici-même, avec une pizzeria à la Napolitaine et des plats à emporter, mais aussi dans d’autres villes et pays.

Galerie de photos
Informations

Adresse : Avenue du 8 Mai 1945, Rond-point de l’Hélicoptère, 13700 Marignane

Téléphones : 04 13 93 01 04 / 06 58 50 98 98

Horaires : Ouvert du mardi au samedi, De 11h30 à 14h00 et de 19h30 à 22h00

Site web : www.vianapoli.fr

 

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