Portraits / par La Rédac' le 17 août 2018 à 17:13 , mis à jour le 20 août 2018 à 13:24

On ne naît pas photographe d’art, mais on le devient, souvent au terme d’un long cheminement intérieur. Car il ne s’agit plus ici de capter l’environnement tel qu’il est, mais plutôt de s’en servir comme d’un vecteur pour projeter une part de son univers personnel. Il ne s’agit pas non plus de saisir l’instant, mais au contraire de créer un espace intemporel. Il y a autant de soi-même que du sujet dans cet art là. George Digalakis, natif d’Athènes où il a grandi et où il réside et travaille toujours comme docteur généraliste, a parcouru cette route peu fréquentée. Elle l’a conduit à la reconnaissance internationale, à force de choix stylistiques assumés et d’une rigueur sans faille. C’est donc un grand artiste qui nous fait l’honneur de contribuer à Citylia. Jugez-en par vous-même.

Le minimalisme est autant un mouvement artistique qu’une philosophie de vie. Et il influence grandement mon travail. En ignorant le moment et en délaissant la réalité, j’exprime mieux l’essence de ma vision intérieure et ses émotions sous-jacentes. Et le Noir et Blanc me permet de mieux m’éloigner de cette réalité.

The ghost ship – Le bateau fantôme

Trajectoire pour un accomplissement personnel

Si George a toujours été un amoureux de l’art et un fan de musée, en fait depuis aussi longtemps que remontent ses souvenirs, il ne s’était jamais considéré comme un artiste. S’immerger dans une chambre noire pour suivre le processus de création physique de l’image était un simple hobby. C’était il y a longtemps, en 1974, à l’époque glorieuse de l’argentique, après avoir reçu en cadeau de son père un Nettar. Et ce n’est qu’en 2011, après avoir étudié la photographie à Photoeidolo et s’être familiarisé avec les auteurs classiques et contemporains, que le déclic photographique a eu lieu.

J’ai réalisé à cette période que ce média m’ouvrait une porte hors de la réalité et qu’il pouvait me permettre d’exprimer mon ressenti intime.

Georges expose alors dans 3 galleries solo à Ionnina, Thessalonique et Athènes et participe à de nombreuses expositions dans le monde. Et c’est en gagnant la médaille d’argent à la compétition Px3 qu’il réalise que ses images présentent un niveau de qualité et un caractère suffisamment unique pour lui permettre de pénétrer avec assurance dans l’arène de la photographie international.

Jusqu’aux récompenses internationales

George Digalakis a remporté le prestigieux Award Hermès de la Société Hellénique de Photographie en 2018. Au plan international, son travail a été reconnu et récompensé aux TIFA 2018 awards, Px3, APOY, Sony World Photography Award, FAPA, SITTP… Différents magazines et sites web l’ont publié : 1x.com, Digital Camera, Shot Magazine, Blur Magazine, Minimalism Magazine, Dodho Magazine, Yatzer, My Modern Met, F-Stop Magazine… et Citylia aujourd’hui.

The monster – Le monstre

Vous trouverez plus de détails concernant son parcours et ses concours sur son superbe site web et son blog. Un autre de ses succès puisque ce dernier a été listé dans le « Top 25 Black and White Photography Blogs & Websites for Black & White Lovers » par Feedspot.

Silent waters, les eaux du silence

La Grèce est son pays, et son univers est fait d’eau, de ciel et de grands espaces dénudés. Ils sont ses muses et ses sources privilégiées d’inspiration. Ils l’ont aidé à façonner son style et en forment une part intégrante.

Je recherche constamment ces lieux porteur d’intemporalité, de simplicité, et parfois de mystère. Je me sers de l’eau et du ciel comme d’un cadre dans lequel je place mes sujets. Ils sont mes outils d’équilibre de l’image et de transfert des émotions.

Mediterranean sky – Ciel de Méditerranée

Ces dernières années, l’artiste a travaillé sur son projet Silent waters, au cahier des charges très formel. Un format carré, une approche minimaliste voire surréaliste, un ordre, une quiété, le tout dans une atmosphère solitaire et quelque peu attristée évoquant le temps passé, celui qui s’est déjà écoulé, et perdu. Un travail qui implique d’éliminer les détails du décor de fond pour mieux révéler les sujets.

“Long call”, l’histoire derrière l’image

The long call – Le long appel

George travaille beaucoup en pause longue, voire très longue. Les gens apparaissent donc rarement sur ses images. En arrivant sur cette jetée, sur l’île de Thassos, une femme était là, à son extrémité, occupée avec son téléphone mobile. Alors qu’il préparait son équipement avec son trépied, la femme s’est approchée car elle s’inquiétait de le gêner.

Je lui ai répondu qu’il n’y avait aucun problème et elle s’en est retournée tout au bout de la jetée, continuant son appel, sans plus bouger de là. Au bout du processus de prise de vue et de réduction de bruit, 10 minutes quand même, elle était sur l’image, immobile, comme un élément de décor. Une magie rarissime.

Au niveau matériel, George utilise un Nikon D810 et deux objectifs de la marque, un 14-24mm grand-angle et un 27-300 mm. On trouve également dans son sac un lot de filtres ND et polarisants, Nisi pour le grand angle et Hoya pour le 27-300.

Liens

Voir le reportage de George Digalakis sur Citylia 

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