Portraits / par La Rédac' le 18 septembre 2018 à 15:18 , mis à jour le 19 septembre 2018 à 12:55

Quand l’image vous émerveille dès votre plus jeune âge, cette fascination vous accompagne toute la vie. Josiane Chevalier a eu son premier appareil photo en 1966. Elle n’a alors que 12 ans et déjà elle met au point ses propres filtres. Pourtant elle choisit de suivre un cursus dans l’agroalimentaire puis de créer sa propre entreprise et de diriger une auberge piano-bar. Changement de cap plus artistique ensuite quand elle décide de se former à la peinture de lettres pour gérer une entreprise de stores et enseignes. Dans la vie comme dans la photographie, elle cultive ce petit côté baroudeur et ce grand côté challenger. Pour l’essentiel autodidacte, curieuse d’apprendre dans des domaines variés, elle fait l’école des Beaux-Arts à La Garenne-Colombes avec André Belloni. Puis apprend a travailler la lumière avec Marc Chevallier, artiste peintre et professeur de dessin. Elle a mené longtemps cette double vie, à la fois professionnelle et artistique, comme beaucoup d’artistes contrariés. Aujourd’hui à la retraite, elle peut véritablement se consacrer à ses principales passions : la Bretagne, l’océan et l’image. Un triptyque souvent fusionné dans ses travaux, avec à la clé une forte identité artistique au grand potentiel.

 

Avec leurs nuances de couleurs et de lumière, il est vrai que les paysages de la côte bretonne me fascinent. Et l’océan, exerce sur moi une attirance profonde. D’une certaine manière, il m’aimante comme un amant. Mais j’aime aussi les scènes de vie ou le travail en studio pour des portraits. J’ai beaucoup appris lors d’un stage au Studio Harcourt, notamment à me passer du flash dans la plupart des situations.

Mon petit paradis

Les portraits

Cette expérience dans le très réputé studio aux 80 années d’expérience ne l’a néanmoins pas conduite à se spécialiser dans le métier du portrait, qui pourtant nourrit bien des photographes. À peine une demi-douzaine de séances photos par an, en studio ou en en lumière naturelle à l’extérieur, pas plus. Très exclusive donc, alors que talent et maîtrise sont bien là.

Ses modèles disposent des photos mais Josiane garde le droit à l’image pour des utilisations publiques : presse, livre projections, expositions, club photo ou concours. Un principe dûment établi par un contrat signé avec le modèle, ou ses parents si celui-ci est mineur.

L’aventure digiart

« Au gré des vents »

Il lui arrive aussi de détourner certaines photos de visage pour les exploiter dans de pures créations digitales. C’est le côté exploratrice de l’imaginaire de Josiane, assez peu commun chez la plupart des photographes. Pourtant les logiciels sont les mêmes, Photoshop dans son cas. Mais la palette d’outils diffère et il faut une certaine dextérité pour les utiliser. Voilà sans doute une bonne occasion de réeexploiter ses anciennes expériences et formations passées dans le dessin et le pastel.

Simplement dit, le Digiart, c’est de l’art généré par ordinateur. Donc j’utilise des techniques de peinture avec pinceaux et crayons numériques. En ce moment, ma souris se transforme en encre de chine.

« Pensive ». Peinture et portrait sur modèle.

On le conçoit aisément, c’est surtout la démarche artistique qui s’avère radicalement différente de celle du photographe, comme inversée. D’observateur collé à l’oculaire, et qui reçoit l’information photonique, l’artiste devient créateur. Il s’agit alors de projeter des images mentales intimistes vers l’extérieur de soi. Les outils digitaux sont les intermédiaires techniques entre l’imaginaire de l’artiste et ses créations. Certaines utilisent des photographies comme une matière première à transformer et à modeler. D’autres sont de pures créations ex nihilo. Mais toutes semblent issues d’un onirisme éveillé, conscient, mentalement structuré et précis, comme si les codes artistiques avait été libérés pour être aussitôt contraints. Souvent l’art définit des règles pour qu’elles soient transgressées. Avec le Digiart, Josiane nous ouvre un monde secret et surréaliste. Rejoignez-le et admirez.

Concours, de candidat à jury

Qu’il s’agisse de photographies ou d’images digitales, je ne cherche pas vraiment à vendre mes travaux. Cela arrive, mais il m’est toujours assez difficile de me séparer de cette petite fraction de moi-même. J’offre plutôt à ceux que j’aime. Je n’ai jamais voulu en faire une profession, pour garder cette liberté de saisir l’instant.

« Seul ». Deux solitaires semblent s’attirer dans un décor estompé qui les isole.

On reconnaît bien là notre aventurière de l’image. Pour autant, elle soumet volontiers ses œuvres au regard des autres photographes et à leur jugement acéré. Première au concours régional de Léon (22) en 2015, elle gagne la même année la médaille d’argent de la Photography Society of America pour sa photo “L’arbre solitaire”.

« L’arbre solitaire ». Un premier élément de décor, posé là en attendant le printemps.

Josiane a exposé un peu partout en Bretagne, à Merdrignac, Saint-Brieuc, Pont-Scorff, Guidel, Ploemeur, ou Tremeven. Puis l’occasion de passer de l’autre côté de la table du jury s’est présentée. Elle a donc officié pour différents Clubs Photos affiliés à la Fédération Photographique de France, puis pour un concours de livres d’auteurs photographes 2017 à le Guilvinec.

La noire colère de l’Océan

Exposer, juger, exposer à nouveau sont des expériences enrichissantes, des ruptures occasionnelles dans le continuum solitaire de la preneuse d’images. Mais ce que Josiane semble souhaiter avant toute chose, c’est bien la liberté d’aller de chemins en landes, de grèves en plages, de falaises en rochers, de calmes en tempêtes, de hautes en basses eaux, ou de levers en couchers de soleil. Libre de photographier quand elle le veut, où elle le veut, ce qui l’amène souvent sur la côte, face à l’océan.

J’aime autant travailler le noir et blanc que la couleur. Je dirai même que mes scènes de vie sont en noir et blanc.

Mise à sec macabre. Lac de Guerlédan

Josiane est parée à faire face à toutes les situations avec un Canon 7D et un 600D plus une panoplie de 5 objectifs, car elle semble privilégier les focales fixes. 100 mm macro, 35 mm, 50 mm, et zooms 10-22 et 70-200 mm à ouverture constante forment le cœur de son équipement, avec aussi divers accessoires et filtres. Et même un flash cobra dont elle ne se sert quasiment jamais, au contraire de son trépied Manfrotto.

« Les oiseaux migrateurs »

Mais son équipement fondamental, incontournable, indispensable reste bien sûr l’œil. Toujours ouvert, au guet, à l’affût de la beauté, de l’étrange ou de l’insolite. Josiane dispose de ce regard et s’en sert avec expérience pour anticiper sur le chemin complexe allant de l’œil à l’image, et pour choisir ainsi la photographie qui restera matière brute ou celle qui sera transformée, avec maestria.

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